Inhumains

Un jour viendra où ils resurgiront.

Vous devez vous demander, MAIS QUI ? Vous ne vous-en souvenez certainement pas car vous étiez trop jeunes, tous autant que vous êtes, mais ceux de ma génération et les autres qui ont connu cet événement s’en rappellent parfaitement.

Gravé dans notre mémoire, dans notre culture, certains y vouent un culte, d’autre une haine sans nom, mais tous se souviennent.

Pourtant, vous devriez savoir de quoi je vous parle. Ne vous a-t-on pas parlé de la colonisation ? De la déportation ? De l’extermination ? Je vois à vos visages que si.
Regardez ce ciel, au-dessus de vos têtes. Que voyez-vous ? Des milliers d’étoiles, certaines filantes et d’autres non. Vous connaissez certainement plusieurs constellations, mais connaissez-vous ce qu’elles sont réellement ?
Je vois à vos têtes que vous n’en savez rien. De vagues hypothèses tout au plus, mais rien, fondamentalement, rien. Pourtant, elles sont l’origine de cette Histoire. Ce sont ceux qui regardaient les étoiles, émerveillés, intrigués, qui ont perdu foi en leur cœur.

Ce jour-là, par une matinée encore éprise de la noirceur de la nuit, des ombres ont envahi nos vies. Comme des spectres lumineux, ils fendaient la nuit. Rapides, il n’en restait que des sons. Puis, quand vint le jour, éclairant notre monde de ses rayons chauds, ils étaient là, dans leurs habits luisants et clairs.

Nous nous sommes rapprochés, nous avons été intrigués, nous nous sommes intéressés. Eux aussi. Nous avons tenté de communiquer et nous avons réussi, partiellement.
Puis nous avons compris qu’ils nous avaient envoyés jadis des signes, que nous vénérions depuis des siècles. Ces boites informes, calcinées, étaient la preuve d’une vie supérieure. Et là, enfin, la voici, devant nous. Nous nous sommes donc prosternés, nous les avons vénérés, nous leurs avons offert plus que nous pouvions l’imaginer.

Ils ont tout d’abord prit ce que nous leur avons donné, puis ils ont demandé de prendre quelques-uns de nos enfants, nous avons accepté. Puis ils nous ont demandés des denrées alimentaires, nous leurs avons données. Puis ils nous ont demandés de voir les sources sacrées, puis les cavernes cachées. Tous ne voulaient pas, mais ils nous ont tellement donné en échange… Nous leur avons donc montré. Mais cela ne leur suffisait pas. Ils avaient besoin de plus. Les dieux avaient besoin de prendre notre terre. Nous ne voulions pas, alors ils ont commencé à prendre la vie de nos fils, de nos filles, puis ils brûlaient et torturaient.

C’est là qu’il l’a tué. Oui, il l’a tué, le dieu. Il a pris une lance, il l’a transpercé avec, et là, on a compris. Ce n’étaient pas des dieux, c’étaient des voleurs venus d’ailleurs, rien de plus. Alors nous avons refusé de leur donner plus. Nous les avons tous tués. Nous étions soulagés.
Mais nous ne savions pas qu’il y en avait d’autres.

Ils sont revenus et ils se sont vengés. Ils ont brûlé, massacré, pillé… Après quelques jours, la plupart de ceux que j’avais connu avaient péris.
Ceci restera dans ma mémoire, tout comme ce mot qu’ils m’ont appris, le seul dont je me souvienne encore, le seul à retenir, c’était leur nom… Humanité.

Antoine Le Blet

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